Nous nous sommes cette fois retrouvés chez Jean. Celui-ci s'étant fait une entorse à la cheville qui a enflé malgré sa modestie, il avait du mal à se déplacer d'autant plus qu'il n'est pas un mouton à cinq pattes (sic).
Comme Aude, j'ai pu ainsi découvrir le poteau rose, son lézard Marcio ou encore quelques souvenirs de jeunesse tels que la lime à épaissir, le marteau à bomber le verre et un rouleau de ligne de mire. Rien que de très ordinaire...

- Je voudrais aujourd'hui aborder un aspect particulier de vos récits. On sait que l'humour en est le moteur, que vous jetez au passage un regard sur la société et que vous nous faites voyager... mais je trouve que vous jouez aussi au lièvre de Pâques...
- Vous voulez dire que je fais ça comme un lapin ? Ou cela aurait-il un rapport avec les oeufs ?...
- Vos allusions... disons... coquines, je les avais remarquées mais ce n'est pas là le propos que je voulais tenir. Il s'agit plutôt de votre propension à cacher ou à glisser des «choses» dans vos récits et que le lecteur découvrira par hasard ou ira dénicher s'il est au parfum : des passages en alexandrins, un mot sans sens, des allusions masquées à des événements, des lieux ou des personnes, une célébrité de passage...
- Effectivement, un peu comme les caricatures et les allusions dans les albums Astérix... Une influence, certainement.
- Puis-je citer l'un ou l'autre exemple ?
- Allez-y !
- Je pense tout d'abord à votre «digression sur le mammouth», ne serait-ce pas une allusion à l'expression malheureuse qu'avait employé un ministre de l'éducation nationale...?
- En effet, une phrase. allègrement prononcée en 1997 et qui a fait le buzz comme on dit aujourd'hui !
- Merci d'avoir confirmé mon idée... Ailleurs, dans une conversation entre les soeurs Iké...
- Hymane et Hélène ?
- Exactement... En parlant d'Omar Sharif, la grande dit à la plus jeune «il a le charme et le chèque...» Quand on sait qu'Omar est égyptien, on reconnait Charm el cheik...!
- Bien vu !
- J'ai aussi réussi à trouver votre présence lors de l'inauguration du Wokizza...
- Je suis pourtant bien caché !
- C'est vrai mais en...
- Hé ! Ho ! Stop ! Vous n'allez tout de même pas tout dévoiler, non !?
- Je ne suis pas musulane, après tout...
- Vous êtes nudiste ?
- Non, naturellement !
- Bon, alors jetons un voile sur les révélations !
- Comme vous voulez... Parlons alors des citations en tête de chaque chapitre...
- Je reprends en général des paroles tenues par les personnages mais cela peut être, une citation d'une personne célèbre (en général un chanteur) ou un jingle... Cela ne résume ou n'introduit pas forcément le chapitre concerné mais il y a toujours un rapport avec un passage.
- Quant à succession des chapitres...
- Chut ! Là encore, laissons-en pour les lecteurs...
- J'aurais également une question au sujet du nom de vos personnages : ils forment des mots ou des locutions...
- Le vôtre en est un parfait exemple, Kimberley Tarteen !
- Merci. Aude Van Delle, elle, a même su l'exploiter en tant que chroniqueuse à Cerumen FM en intitulant son émission «Rien n'est son pareil».
- Une référence à Philippe Vandel, faut-il le préciser...!
- Cela dit, je dois avouer que je n'ai pas compris Tara Funfgram ou Arthur Dreissig, par exemple.
- Car ces noms ont une signification en allemand. En effet, la signification des noms doit pouvoir se comprendre soit en français soit dans la langue nationale du personnage concerné.
- Ach so !?
- Eh oui !
- Ceci explique cela... Et les noms de lieux ?
- Réels.
- Cinq-Mars-La-Pile, ça existe donc vraiment ?
- Bien évidemment ! Je n'aurais pas parlé de Troyes et de Sète en inventant les autres villes !
- Ho, avec vous, tout est possible ! D'ailleurs ces voyages dans le temps en sont un exemple. A ce sujet : le Grimagine...
- Un ouvrage que j'ai trouvé par hasard. On en parle dans le tome 4 avec Aude...
- Mais n'aurait-il pas un rapport avec vos incursions dans le futur ?
- Il retrace le passé..!
- Le présent est le futur du passé !
- C'est donc là, ce qui vous turlupine !?
- Effectivement !
- Hé bien... Je ne peux pas vous répondre car l'explication devrait faire l'objet d'un passage dans l'une des histoires peu ordinaires à venir.
- Bon, sur ces mots, je vous propose d'arrêter l'interview en donnant rendez-vous à la prochaine... d'ici une quinzaine.
- Vous avez un rencart ?
- Non, mais j'ai un creux et toutes les bonnes choses ont une fin !
- Comme.vous !
- Que voulez-vous dire ?
- Vous êtes bonne et vous avez faim !
Je suis vexée, je réplique :
- Je ne suis pas une chose et peut-être.plaisante mais pas «bonne» !
- Je n'ai pas dit que vous êtes une chose et je vous trouve bonne professionnellement !
Évidement, comme toujours il s'en sort avec une pirouette !


K. Tarteen